Bully (ex Zara)Bully (ex Zara)

Adoptée en novembre 2018 par Patricia (86)

« J’ai adopté Bully (ex Zara) en novembre 2018. Elle provient du refuge d’Alina et Anda. A l’époque c’est Remember Me qui s’occupait des papiers et du rapatriement des chiens de ce refuge. J’avais déménagé dans une petite maison avec un jardinet en centre-ville, alors j’ai contacté une éducatrice canin bienveillante pour mettre en place le projet.

"Avant de m’engager, je voulais savoir si toutes les conditions étaient réunies pour accueillir un chien roumain. Bully était décrite comme craintive, voir agressive en cas de contraintes. Le refuge était inquiet à propos de l’adoption, comme je les comprends."

Sur la route pour aller la récupérer, j’ai reçu un message me demandant si j’avais prévu une caisse de transport car elle cherchait à mordre les vétérinaires des différents points de contrôle. Le Refuge SPA de Poitiers m’en avait prêté une, homologuée et solide. Alors que chaque adoptant récupérait son chien roumain dans les bras, pour Bully, ils ont pris la caisse, fermer le camion, le véhicule à remué, les portes se sont rouvertes et on m’a aidé à la transporter dans la voiture… L’aventure venait de commencer.

Pendant les trois premiers jours, elle a dormi, épuisée de son voyage. Ensuite, elle s’est mise à hurler vers 5h00 du matin, tous les matins. Je me suis dit que les gens devaient arriver tôt pour s’occuper de tout le monde et que son horloge interne était réglée à cette heure-ci. Donc je me suis levée plus tôt qu’elle et petit à petit j’ai décalé son heure de nourrissage jusqu’à 7h00. Ensuite, elle a essayé de s’enfuir en détruisant la clôture. J’ai renforcé la clôture…

Et le travail de sociabilisation à pu commencer. Je passais des heures avec elle, à lui envoyer des morceaux de steak haché sans chercher à la toucher. Des semaines plus tard, j’ai pu lui caresser le poitrail, puis les épaules, le ventre… Encore quelques mois plus tard, je l’ai désensibilisé au collier, puis à la laisse, puis au couloir qui menait vers la rue, puis le trottoir, seulement une patte, puis l’autre… Soudain un orage, elle est terrorisée, elle refuse de sortir, elle recommence à tenter de s’enfuir. Quinze jours de progrès réduits en cendres. Ce n’est pas grave, j’ai recommencé. Au début je sortais très tôt, ou très tard, pour qu’elle s’habitue à l’environnement, aux quelques personnes qu’on croisait. Puis doucement j’ai introduit des proches, pour multiplier les bonnes expériences, à son rythme. Un an et demi de travail quotidien, à créer un lien, à écouter ses limites et ses besoins, à lui apprendre des ordres de sécurité, le rappel, le stop d’urgence, le laisse, j’ai pu la lâcher et la laisser courir…

Tout au long du processus j’ai été accompagné par mon éducatrice canin.

"Les chiens roumains ne sont pas des chiens comme les autres, ils n’oublient jamais d’où ils viennent, ils gardent en eux le traumatisme de leurs expériences passées et ils ont besoin de familles fiables, prêtes à s’investir jusqu’au bout."

Aujourd’hui, 5 ans après l’adoption, j’ai déménagé en campagne. Bully est toujours en libre, elle dort sur le canapé, sort en forêt, n’aboie jamais, vieillit tranquillement et sers même de chien cobaye à une éducatrice canin bienveillante du coin pour aider, à son tour, d’autres chiens en difficulté. »