Je m'appelle Delphine, j'ai 37 ans, je suis secrétaire médicale dans les Vosges. Avec mon compagnon, je suis aussi l'heureuse adoptante de Pepy, adopté en 2023, et de Bangkok, adopté un an plus tard. Je suis bénévole pour l'association depuis 2024.
J'ai grandi entourée d'animaux, en particulier des chats. Une fois mon envol pris, il ne m'a pas fallu beaucoup de temps avant d'accueillir mon premier chat de refuge : ma vie quotidienne était trop terne sans animaux, et j'ai toujours eu à cœur de mettre des animaux à l'abri du besoin. Ils sont aussi une présence réconfortante, on peut partager beaucoup de beaux moments, et le lien qu'on tisse avec chacun d'entre eux est unique. Ce sont des compagnons de vie, des membres à part entière de la famille.
J'ai ensuite adopté pour la première fois un chien, qui a partagé ma vie pendant 12 ans. C'est tellement douloureux quand ils s'en vont. On ne les oublie jamais, ils font partie de nous. Notre maison était devenue un foyer sans chien, et il y avait tant de chiens qui n'avaient pas de foyer. Le match parfait pour faire un sauvetage.
Comment j'ai découvert Remember Me France
J'ai découvert Remember Me grâce à l'adoption de mon premier Roumain, Pepy. Après la perte douloureuse de mon tout premier chien, je me suis mise à la recherche d'un chien de refuge à adopter et, de fil en aiguille, je suis tombée sur l'association. Je ne savais strictement rien de ce que vivaient les chiens en Roumanie, donc j'ai parcouru tout le site de l'association pour mieux comprendre. J'ai ensuite eu un gros coup de cœur pour Pepy, que j'ai montré à mon compagnon, et après réflexion nous nous sommes lancés. Nous avons eu une très belle expérience dans le processus d'adoption, grâce à des personnes humaines et chaleureuses. Nous avons voulu ensuite aider l'association de diverses façons, avec des parrainages, et pour ma part un peu de mon temps libre en tant que bénévole.
Le processus d'adoption, vu du côté des adoptants
J'ai trouvé le processus bien ficelé et sérieux. C'est rassurant de voir que les associations ne confient pas leur chien au premier venu, même si hélas, on n'est jamais à l'abri de mauvaises surprises plus ou moins dramatiques… J'avais des craintes sur le fait de vivre à l'époque en appartement sans jardin clôturé, mais tant qu'on est rigoureux sur la sécurité et qu'on est prêt à se faire aider en cas de problème (j'ai eu par exemple quelques soucis d'aboiement, qui ont été résolus avec l'aide d'une comportementaliste), ce n'est pas un frein pour les chiens dits « sociables ». Pouvoir s'entretenir avec différentes personnes entre l'entretien téléphonique et la visite au domicile est aussi un bon point, pour la variété des échanges côté adoptant et pour les différents ressentis côté association. Nous avons aussi pu bénéficier des judicieux conseils de Steven, éducateur canin, qui proposait une visio pour les adoptants. C'est aujourd'hui Priscilla, adoptante auprès de l'association et éducatrice canine, qui assure cette mission et aide au mieux les adoptants à appréhender leur nouvelle vie aux côtés d'un loulou roumain.
Nous avons heureusement eu LA bonne nouvelle, mais si nous n'avions pas pu avoir Pepy, nous en aurions sauvé un autre. C'est tellement difficile de faire un choix, tous méritent de trouver une famille aimante. Toutes ces bouilles, ces regards, parfois vifs et insouciants, parfois pleins d'espoir, parfois sombres et résignés… On voudrait pouvoir tous les accueillir, mais il faut garder la tête sur les épaules.
Tout est une question de temps
J'ai eu droit à un gros câlin de Pepy à sa sortie du camion. Mais il a ensuite beaucoup hurlé à Sarrebourg et dans sa cage. Ses hurlements m'ont figé le sang et j'étais terrorisée à l'idée de ne pas être capable de le faire se sentir en sécurité. Mais j'allais vite découvrir que tout est une question de temps. La fatigue a finalement emporté Pepy dans le sommeil, puis il a découvert tranquillement son nouveau lieu de vie. Il a toujours accepté la laisse et le harnais, mais il avait peur de s'aventurer trop loin dehors et ne supportait pas d'être à l'arrêt. En respectant son rythme, on allait de plus en plus loin au fil du temps, et il commençait aussi à s'apaiser en statique. La propreté a été acquise très rapidement.
Contrairement à ce qu'on peut penser, les adultes comprennent très vite, et souvent plus vite qu'un chiot. Ils ont une capacité d'adaptation incroyable si on les laisse aller à leur rythme (l'adaptation au canapé est en revanche quasi instantanée !).
Ce que les chiens m'ont appris
J'ai d'abord découvert que je ne connaissais pas les chiens si bien que je le pensais, même après avoir vécu 12 ans aux côtés de mon premier chien. J'ai appris énormément de choses avec les signaux d'apaisement, les différents éducateurs auxquels j'ai eu affaire pour des problèmes divers comme les aboiements « intempestifs », la réactivité aux croisements (qu'on travaille encore ! La patience est la clé)… Il faut aller avec les chiens et pas « contre » leurs comportements, développer cette relation de confiance, se remettre en question (parfois même remettre en question les méthodes de certains éducateurs).
Pourquoi je donne de mon temps
C'est une cause très noble qui est défendue par cette association et par d'autres. J'ai toujours été sensible à la cause animale (ce qui m'a orientée aussi vers le véganisme). Le contact avec les différents interlocuteurs de cette association lors de l'adoption de mes chiens a été très positif, et j'ai souhaité mettre à leur disposition un peu de mon temps libre s'ils en avaient besoin. J'ai commencé par les appels téléphoniques, essayé d'aider à d'autres petites tâches, et aujourd'hui ma mission principale est d'annoncer aux adoptants la validation de leur dossier et de leur expliquer toutes les formalités administratives et pratiques pour la suite. Cela implique aussi d'annoncer aux autres adoptants potentiels que le chien qu'ils avaient choisi vient d'être réservé. Cela engendre parfois des déceptions telles que certains ne donnent plus suite. D'autres se réjouissent pour le chien qui a trouvé sa famille et en choisissent un autre à sauver. Je connais une petite partie de l'envers du décor depuis la France ; la prochaine étape sera peut-être de me confronter à la réalité du terrain, et ainsi me rapprocher du vécu de mes 2 loulous roumains.
Mes journées de bénévole
Les jours ne se ressemblent pas. Si je n'ai pas trop de validations à annoncer, je participe à l'étude des dossiers et j'aide d'autres bénévoles avec la mise à jour du forum. J'essaie d'optimiser au mieux le temps. Malheureusement, il y a aussi parfois des urgences à gérer, comme des retours d'adoption où le chien doit absolument être replacé rapidement sous peine d'abandon, voire pire… Heureusement, l'association peut compter sur un formidable réseau de bénévoles, adoptants, familles d'accueil, professionnels canins, refuges partenaires (clin d'œil à Laurence de la SPA de Sarrebourg et Lynda de Friends of Paws'n'Claws), parrains et marraines dévoués et solidaires, qui nous permettent régulièrement de trouver des solutions. Un grand merci à eux aussi, car une association ne peut pas survivre sans ce genre de partenaires d'exception.
Je pense aussi aux vétérinaires sur place, qui font tout leur possible pour préserver la santé et parfois la vie des chiens au refuge, qui ne sont malheureusement jamais à l'abri d'une bagarre. C'est aussi pour cela qu'on les fait rentrer le plus tôt possible.
Tous les gestes comptent
Tous les gestes, grands ou petits, comptent pour aider : les adoptions, le temps accordé en bénévolat, les dons… Chacun fait selon ses possibilités. Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ? Des fois, je m'imagine le travail colossal que ce serait s'il n'y avait pas tous ces bénévoles. Impossible. Nous essayons toujours de faire au mieux en fonction de nos possibilités et disponibilités, du volume fluctuant de demandes à traiter, des imprévus, des urgences à gérer, de nouvelles contraintes administratives, tout cela avec une volonté commune et immuable : aider et sauver le plus de chiens possible.
